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Interview de Michel Forst Secrétaire Général de l’AFCNDH

« La Commission béninoise des Droits de l’Homme a gagné en crédibilité… »,

Michel Forst
Secrétaire Général de l’Association Francophone des Commissions Nationales des Droits de l’Homme,
Ex Rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des défenseurs des droits de l’homme.

Dans quel cadre se situe votre séjour au Bénin ?

Je suis au Bénin dans le cadre d’une visite qui a été préparée par l’OIF, la CBDH et l’Association Francophone des Commissions Nationales des Droits de l’Homme, avec l’idée de faire d’abord un atelier de travail sur le rôle des Institutions Nationales des Droits de l’Homme (INDH), dans les processus électoraux. On sait que bien évidemment, des observateurs électoraux viennent régulièrement dans les pays pour observer la manière dont les élections sont démocratiques, transparentes et libres. Mais le rôle des INDH est différent. Nous observons les violations, les atteintes aux droits dans le cadre des processus électoraux. Dans tous les pays du monde dès qu’il y a une élection importante, il y a des tensions qui dégénèrent parfois avec actions violentes, des privations de liberté, ou pire. Donc, le rôle des INDH est d’observer la manière dont le processus est conduit, ensuite faire un rapport, et non seulement dénoncer mais aussi prévoir des mécanismes de recours en cas de violation des droits humains pendant la période électorale.

En marge de cette activité, je dois rencontrer les dirigeants du pays à divers niveaux, avec l’idée de faire un tour du paysage institutionnel du pays et de voir de quelle manière on peut apporter une aide stratégique au développement de la Commission Béninoise de Droits de l’Homme et l’aider à se renforcer. Nous avons évoqué par exemple la question du mécanisme national de protection qui fait objet de discussion, les moyens donnés à la Commission, son fonctionnement, les rapports qu’elle fait et avec le soutien de l’Etat et des partenaires techniques et financiers, on espère pouvoir construire une stratégie à moyen terme, qui permettra à la Commission d’aller un peu plus en avant dans son travail de conseil et de contrôle de l’action du gouvernement. Mais il faut dire que la Commission béninoise a gagné en crédibilité. Il reste encore des étapes à franchir. En mars prochain, elle sera accréditée, espère-ton, par les Nations Unies, ce qui lui donnera un statut international et plus de visibilité. Cela peut contribuer à aider l’Etat béninois à faire mieux dans le domaine des droits.

Quel est votre regard sur les droits de l’Homme dans l’espace francophone ?

C’est difficile d’avoir un regard global sur l’ensemble des pays. Chaque pays évolue de façon différente. Et il faut à chaque fois observer les situations, faire un diagnostic, ensuite aider les Etats à faire mieux sur le chemin de l’Etat de droit.

Quelle est votre appréciation sur le Bénin ?

Le Bénin a progressé. Il a été élu au conseil des droits de l’homme récemment. Il a encore des preuves à faire. Les recommandations qui viennent des Nations unies montrent qu’il y a encore des trois dans la requête. Et la commission béninoise est un instrument essentiel qui doit permettre à l’Etat de continuer à faire mieux et d’assurer à tous les citoyens l’exercice des droits et des libertés garantis par la déclaration universelle des droits de l’homme.

Quel est le message délivré aux dirigeants béninois ?

Le message est le même. La confiance dans les institutions du pays, dans le gouvernement béninois pour aller un peu plus de l’avant, faire mieux et démontrer que l’élection du Bénin au conseil des droits de l’homme est une élection légitime et que le pays va encore davantage progresser sur le chemin de l’Etat de droit et pourrait être un modèle pour d’autres pays de la sous-région.

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